samedi 12 juillet 2008

[15] Depart

Un commentaire, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, ou plutot, le détail qui pousse à conclure. Ici, lentement ce déteriore. Je t'aime, petit blog, je te hais; toutes les bonnes choses ont une fin et le bonheur est ephémère, le bonheur, le bout de vie, tout ce que tu as partagé reste, mais moi pas, je pars, tu reste, je n'aurais pas le courage ni l'envie de te supprimer, je crois que je tiens trop à toi, tu es un bout de moi et je n'aime pas tuer des bouts de moi.
Je pars, ailleurs, trouver un autre bout de moi qui deviendra mes joies mes peines.

On se retrouvera... sur un air de guitare...

mercredi 25 juin 2008

[14] Nuit


Petit texte, écrit pour quelqu'un qui m'a un jour dit que "La nuit, je m'emmerde, il n'y a rien à faire à part dormir"...de cette simple phrase est né le reste...Enjoy.

Le jour s’achève et s’effiloche sur la nuit qui lentement prend le pouvoir, l’encre se déverse sur le gris et le bleu en passant par le rouge et le violet et le jaune et le orange, la lune, de sa face pleine et ronde, illumine faiblement le royaume qui s’offre sous ses pieds, et une à une les étoiles aparaissent, comme de minuscules pierre précieuses, qui, scintillantes et entrainantes, défient l’être humain de le rejoindre, le narguent, exhibiant fièrement leur liberté comme un trophée, et l’être humain ne peut rien faire, sinon comptempler et admirer la beauté de cette magie inaccessible.

La nuit est un rouleau de satin ébène que l’on déroule et que certains enfants, ont, par bétise, troué, laissant ainsi passer cette lumière que certains ne savent voir, laissant derrière nous, entre nos lèvres, un gout de promesse d’aventures et d’émerveillement, car, tu as beau dire, la nuit et belle, tellement plus que le jour, tellement plus riche et tellement plus incroyable, si merveilleuse que l’on ne peut en accomplir les neufs quarts, mais pour ça, il faut sortir de l’enfermement si gentiment offert par les adultes, il faut s’ouvrir aux rêves et il faut rêver à en crever.

Parfois, c’est en marchant sur la plage avec le bruit des vagues en font sonore, il n’y a plus d’ombre, juste la nuit, douce et entrainante, enivrante, parfois, c’est en se promenant entre les arbres, avec les rayons de lune argentés sur la peau, elles t’offrent un fragment de cette liberté, un échantillon de ce parfum qui un jour t’accompagnera pour l’éternité, tu lèves le doigt et tu as l’impression de les frôler du bout du doigt, ces fameuses étoiles, si belles et si précieuses et si distantes tout à la fois.

La nuit, c’est un nouveau monde qui s’ouvre, en t’asseyant sur le toit et en essayant de graver sur du papier un semblant de ce que c’est, n’as-tu donc jamais passé une nuit allongé sur la terasse à regarder les étoiles filantes ? La nuit, le vent est plus doux, la nuit, les fées et les el’phes plus amènes à se montrer, la nuit, c’est synonyme de rêves et de magie et de promesses sans lendemain, regarde, la nuit, il y a des feux d’artifice, et un feu d’artifice ce n’est pas un feu d’artifice mais de la poussière d’étoiles, la nuit, les bruits que tu entends ce n’est pas le vent mais le murmure des voix anciennes qui racontent de ces histoires passées et oubliées, ces histoires de grandes batailles, de monstres et d’amour tragique, la nuit, c’est une délivrance de temps et ça permet de se plonger dans le passer, si mystique et merveilleux, ça permet d’imaginer le futur, c’est une brèche qui aide à mieux faire couler les mots comme rien d’autre ne peux le faire, pas même la colère, pas même la drogue ou l’alcool ou l’amour, essaye de comprendre, même la musique semble plus belle dans cette obscurité paisible et calme et triste et heureuse, avec le crissement de crillons et le croassement des grenouilles et le bruit des vagues, il y a tant à faire, fermer les yeux un instant, inspirer à pleins poumons, dessiner le noir, lire le noir, rêver, chanter, danser le noir, aimer le noir de toutes ses forces, surtout ne pas dormir, vivre le noir à deux, subir le noir pour ne plus en avoir peur, et accompagner le noir jusqu’à sa disparition, quand il s’effiloche sur le jour et sur l’aurore qui débarque avec ses millions de couleurs, la magie doucement disparaît, et alors, tu pourras aller te coucher, dormir tout ce que tu peux, mais tu ne dormiras pas de la même manière, parce que tu feras partie de la nuit et que la nuit fera partie de toi, regarde en toi et tu la verras, et tu ne diras plus qu’il n’y a rien à faire dans cette divine obscurité, parce qu’au contraire, il y a tout, tellement de tout qu’on en oublie les neuf quarts.



Je n'en pouvait plus de tout ce noir.

dimanche 15 juin 2008

[13] Vide.

Commencer un article par bonjour commence par me casser les pieds, à l'heure où vous lirez ceci, il sera peut être minuit, ou alors huit heures du soir, peu de chances pour que ce soit le matin, mais bon, soyons polies et saluons, je divague, je m'écarte du chemin et je commence à raconter n'importe quoi, pour une fois que je repasse par ici, c'est idiot, à force de ne plus parler de moi ici pour ne pas vous inquiéter, j'inquiète d'autre personnes ailleurs, je suis con et je devrais me taire, mais voilà, je n'y arrive pas et je ne le ferais pas parce que j'ai trop de choses à dire et à vomir, tous ces mots, je ne vais pas mal, il n'y a aucune raison, mais je ne vais pas bien non plus parce que rien ne va bien et que tout ira mal, je n'arrive pas à déterminer si je suis heureuse ou malheureuse, au final, ce n'est pas question de bonheur ou de malheur, de bien ou de mal, c'est une question de vide incessant qui prive de tout sentiments, mais c'est bien, si je ne ressents plus rien je ne ressentirais plus la douleur, alors, je ne m'en fais pas, et je laisse le trou qui est en moi s'agrandir et me dévorer de l'interieur, aujourd'hui, je te souris, et demain, je te hairais de toutes mes forces, je passe du rire au larme comme on change de paire de chaussettes, et encore, ça voudrait dire que je change de chaussettes quinze fois par jour, j'écris de moins en moins et je dessine trop peu, en ce moment, c'est les yeux, car ne dit-on pas que les yeux son le miroir de l'ame? Cherchez la logique dans ce que je viens de dire, je ne me comprends pas moi-même, je joue de la guitare, des chansons d'amour, ironique, je continue à me faire du mal en lisant ce que je ne devrais pas lire, je vais sur les forums et je fais mes devoirs, et je m'achête une nouvelle chemise et je ris de ma superficialité, j'écris l'amour parce que je suis en manque d'amour, j'attends comme une conne le prince charmant qui ne viendra jamais, je sais, je n'ai que treize ans, mais je ne suis pas patiente, alors, j'imagine et je pars le sourire aux lèvres, je m'endors un instant contre un épaule et puis il faut redescendre sur terre, et ce soir c'est ma pièce de théatre, où, ironie du sort, je joue l'amour, et je ne sais pas à quoi m'attendre et j'ai trop mal à la gorge et j'ai peur de ne pas arriver à parler, et j'ai envie d'un cappucino parce que c'est trop bon, et je vais bien, je vais bien, je vais bien, tout va bien, sinon que le ciel, une fois encore, est gris, j'ai les yeux qui me piquent et j'écris des lettres, vois-tu, je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qu'il m'arrive, me croiras-tu si je te dis que mes amis voient que je ne vais pas bien, et que mes parents ne se rendent compte de rien? Je t'aime et j'ai envie de te prendre dans mes bras, mon Ange, j'ai envie de t'écrire et de te voir, ma Poète, et J'ai envie de voir Louise parce que tu sais faire rire avec une facilité étonnante et que je suis sincèrement désolée pour ce qui est de ton redoublement, il faut d'ailleurs que j'aille faire un tour sur ton blog histoire de laisser un commentaire, la vie est un poème dont il faut écrire soit-même les vers, c'est bien beau tout ça, sauf que moi, je ne suis pas poète, je suis tout simplement paumée et heureuse de l'être, sortie des barrières un court instant en me baladant dans la nuit qui tombe, puis je me fais disputer et je pleurs, puis je l'appelle et je rigole et je crois que je suis simplement humaine, et même si ça fait mal d'être humain et de vivre en tant que tel, et bien, vivons quand même, ce serait bête de mourir alors qu'il y a des étoiles à toucher et le monde à visiter et des vies à connaitre, et même si pour l'instant je vais mal, tout à l'heure je serais heureuse puis à nouveau triste et c'est ce même cycle que je ne fais rien pour changer parce que ça me va comme ça, même si je recherche et désire encore plus, toujours plus, je suis avide, et puis pouf je retombe et je me contente de ce que j'ai, et puis ça repart et je suis un bazar pas possible, tout en moi se mélange et je ne m'y retrouve plus, merde alors, c'est pas possible d'avoir des pensées bien rangées dans leurs tiroirs ou quoi? Je deviens folle et je ne sais pas si cela me plait ou pas. En même temps, trop de douleur mêne à la folie, c'est bien connu. Donc je ne m'inquiète pas, vu que la douleur va voir ailleurs de temps en temps, on peut supposer que la folie aussi, la prochaine fois, j'essayerais de revenir lucide.

*Dis, j'ai froid. Même avec un pull, j'ai froid. C'est possible d'avoir froid au coeur?*

Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien, regarde, je souris.

dimanche 8 juin 2008

[11] Luna

...Petite esquisse faite à onze heures du soir...
Comme quoi je n'ai pas grand chose à faire dans ma vie
Mais. Bon. Je. Dessine. C'est. Ce. Qui. Compte.

[J'essaye de me convaincre en même temps en parlant lentement, ne m'en voulez pas...] Et, comme j'aime bien donner une histoire à mes dessins, ben, en plus d'un dessin tout bizarre, vous vous tapez l'explication en prime, aujourd'hui c'est deux pour le prix d'un. Mais vous n'êtes pas obligées de lire, hein, sachant que ça risque d'être long, ennuyeux, et sans interêt.

~ # ~
Je me glisse dans les couloirs sombres, en essayant de faire le moins de bruit possible, me concentrant de toutes mes forces pour ne pas me perdre dans ce labyrinthe digne de Dedale, plissant les yeux en essayant de me remémorer de ce que m’a dit Sion. Tous se ressemblent, sombres, lisses, froids, comme des serpents.

Le temps passe et je n’y suis toujours pas, plus de dix minutes que je suis entré ici, si je ne me dépèche pas, ils auront vite fait de detecter ma présence, et j’ai une chance minime de m’échapper, mais, sans la petite, ce n’est pas la peine. Je commence à m’inquieter. Une goutte de sueur se forme sur ma tempe et roule le long de ma machoire. Normalement, je devrais déjà être en train de m’occuper d’elle. Mes pas se font plus rapides, plus pressants. Me suis-je trompé de chemin ?
Enfin, une porte. Pas n’importe laquelle, évidamment. Celle que je cherche. Reconnaissable entre tous, entièrement noire. Je m’autorise un soupir de soulagement, mais ce n’est pas pour autant que je me détends, au contraire. Le plus dur est devant moi, pas derrière.
Je m’approche de la vitre sans tain qui est à sa droite et jette un coup d’oeil à l’interieur, le cœur battant à un rythme frénétique, celui de l’angoisse de la découverte. Nous sommes-nous trompés ? Ou est-elle là, prisonnière, comme nous l’a dit Amarylis ?
Mon regard se plonge dans une pièce exigue, plongée dans le pénombre, semblant de nuit auquel je m’accoutume rapidement.
Dans un coin, je l’aperçois enfin.
Recroquevillée sur elle-même, son corps est recouvert de ses ailes, si semblables à des flammes, qui s’agitent doucement, dans un mouvement de satin, partant du rouge sang à l’or le plus pur, un coucher de soleil dont la beauté est incomparable. Son visage, à moitié caché par ces ailes qui font d’elle un hybride, est pâle comme la mort, un teint de porcelaine qui semble briller dans l’obscurité, recouvert des longues mèches noires emmèlées qui retombe en fouillis sur ces yeux d’un bleu sans pareil, couleur de ciel délavé, mais aucune pupille ne vient obscurcir cette couleur fantomatique, et je me rends compte dans un sursaut qu’elle est aveugle.
Tout en elle irradie d’une faible lueur bleutée, de la même couleur que ses yeux, qui semble essayer de combatter l’obscurité qui l’entoure, avant de disparaître dans un faible crépitement, à peine quelques centimètres plus loin. Elle est si faible…
Dans l’ombre, des tentacules ébènes qui se détachent nettement de tout le reste, ondulent autour d’elle, comme des vautours autour d’une proie dont ils attendent la mort pour pouvoir la dévorer, la frôlent de temps en temps, et à chaque fois, de ses lèvres s’echappe une petit cri muet que je ne peux entendre.
Elles lui brûlent son énergie.
Je serre les poings.
Pauvre petite enfant oiseau.
Je n’ai fait que penser ces mots, pourtant, elle relève brusquement la tête et me fixe de ses grand yeux, agrandis par la peur. Ses tremblement augmentent. Je fronce les sourcils. Elle ne devrait pas me voir…
Soudain, un froid glacial s’abat autour de moi, et je comprends.
Ce n’est pas moi qu’elle a vu. Mais une autre présence, maléfique, qu’elle a sentie.
Sa présence.
Il arrive.


dimanche 25 mai 2008

[10] Froid


Rechute.

Je marche. Je tombe. Je me relève. Je retombe. Je me plaint. Encore. Je pleurs. Plus. J'écris. Beaucoup. Je dessine. Peu. Je rêve. J'ai du mal.

La route s'étend devant moi. Je n'ai pas envie de la suivre. Envie de partir. Loin. De faire comme j'en ai envie pour une fois. On me rappelle à l'ordre. Comme une idiote, je suis le troupeau. Et si je n'ai pas envie de suivre le sens du courant?

Tout est prévu, tout est tracé. Mon avis n'y changera rien.

Je lis. Encore, encore. J'écoute. Je ne fais que ça.

Je ne suis qu’un soupir, juste une larme qui roule, une simple respiration, rien de plus, je ne demande pas grand-chose, juste tes mots, rien que tes mots, être bercée par tes mots, alors, plus rien ne compte. Parle, encore, s’il te plait ne t’arrête pas, je veux juste entendre le son de ta voix, oublie-moi, je ne suis pas là, il y a juste une ombre dans le coin, là, pas grand-chose, mais surtout ne t’arrête pas, j’aime tes mots, je m’y accorche, c’est tout ce que je souhaite garder avec moi, alors, je partirais et le soleil chassera l’ombre, tu vois, tu t’arrêteras de parler malgré mes supplications, tu ne me verras plus, et puis, comme tous les autres, tu m’oublieras, bientôt, je n’existerais plus, bientôt, le fil se rompra et je tombrais dans l’obscurité sans fin, et alors, si la mort est une délivrance, je m’approcherais d’elle à bras ouverts, même si j’ai peur d’elle, et si un suicide c’est lache alors, je te demandrais de me tuer, m’obéiras-tu ou me laisseras-tu seule, comme une poupée de verre brisée sur l’asphalte dur et froid ? Je ne sais pas, je ne suis pas toi, je ne serais jamais toi, puisque je ne suis personne, pas même moi.

Pourquoi j’écris, je ne sais pas, on me crie dessus, je passe trop de temps, ici, c’est vrai, je dois partir, repartir dans Leur vie, suivre Leur route, sans creux, sans bosse, sans trou, sous le ciel dur et froid et jaune. Je soupire, encore cinq minutes, encore quelques mots…le fil s’effiloche, doucement, mais surement, il va se casser, j’ai peur, dis moi, pourquoi j’ai si peur, pourquoi fait-il si froid. Dehors, il fait gris. Dans mon cœur, il fait gris. Je suis grise. Pale. Vide. Je dois contaminer le temps. S’il te plait. Parle-moi. Dis-moi qu’il fera beau, bientôt…


En un peu moins exagéré. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque mes mots prennent une proportion démesurée.

Je vous aime. Bisoux n'étoilés. De ma part. Et de celle de Mat, d'Emrys, May..ils vous remercient tous. C'est grace à vous qu'ils sont là, vous le saviez? J'écris, pour vous, plus pour moi, pas pour moi, juste pour vous...

dimanche 4 mai 2008

[9] Il marche

Il marche.

Ses pas claquent sur les pavés encore trempés de l'orage qui a eu lieu il y a quelques heures et dont le grondement sourd résonne encore dans le lointain, son ombre se fond dans l'obscurité de l'heure tardive. Il expire et un nuage blanc se forme devant lui pour disparaitre quelques instants plus tard, particules éphémères dont la vie ne dure pas plus de quelques secondes, découvrant une ruelle peu engageante dont ne s'échappe que le silence qui plane, comme une présence sinueuse, serpente entre les hautes maisons qui se dressent fièrement, gardiennes des gens qui se prétendent importants et qui ne sont qu'hyporcisie, haine et mensonge.
Il s'y engouffre et resserre autour de lui les pans de sa cape, il ne faudrait pas qu'on le reconnaisse maintenant, si près du but, échouer lui serait impardonnable. Personne pourtant ne circule, le couvre-feu à été déclaré il y a longtemps, personne pourtant ne pourrait le reconnaitre, derrière cette cape et se haut de forme noir qui dissimule de longues mèches argentées. Qu'importe. Après immortalité, prudence est son deuxième prénom.
Bientôt, il ralentit et ses pas se font plus rares, encore un, et il s'arrête, semble disparaitre dans le mur tant il est immobile. Au bout de quelques instants, plusieurs secondes, plusieurs minutes, il ne le sait pas, il redresse la tête et son visage se retrouve baigné par le doux halo nacré de la lune qui éclaire ses traits anguleux, son visage pâle, ses yeux d'un bleu éléctrique qui semblent briller d'un éclat dangeureux, enfin, ses lèvres, trait mince qui se relève en un sourire victorieux, le sourire de celui qui sait qu'il a déjà gagné avant d'avoir commencé la partie.
La maison est ancienne, la plus ancienne, peut être, du quartier, les pierres sont abimées par le temps, et, lorsque ses doigts gantés les parcourent, il peut sentir les histoires du temps passé, il peut les entendre, presque, les voir...il s'éloigne brusquement. Il n'est pas venu pour ça.
Les lumières sont éteintes, les volets fermés, le jardin abandonné aux mauvais herbes. Rien qui ne pourrait trahir la présence d'un humain dans les parages. Mais il est la. Il sent son odeur, une odeur sucrée, un parfum de musc et de lavande qui lui soulève le coeur. Il fronce le nez. Aucun doute. Il est là.
Il se rapproche, cette fois avec plus de lenteur. Un instant, il plisse les yeux et ferme son esprit aux ombres des pierres qui tentent de l'approcher. Puis, d'entre ses lèvres s'échappe un murmure, comme un plainte que personne n'entend, qui monte dans le ciel, encore et toujours plus haut.
Il ouvre à nouveau les yeux. Les ombres sont parties.
Entre ses mains apparait un minuscule crochet qu'il insère dans la serrure de la porte en bois de chêne. Le temps d'une respiration, et la porte s'ouvre docilement, sans un bruit, l'invitant à l'interieur. Un jeu d'enfant. L'odeur se fait plus forte. L'interieur est propre et rangé, la poussière qui devrait envahir les lieux n'est pas présente, confirmant ses soupçons. Il sourit. Encore une fois, il a vu juste.
Son instinct le pousse à monter les escaliers qui ne protestent aucunement sous son poids, qui contentent de se ployer et de se taire tandis qu'il gravit les marches une à une.
Un couloir. Une porte entrouverte. Une faible lueur orangée qui s'en échappe. Le bruit d'une plume crissant sur le parchemin.
Il se rapproche sur la pointe des pieds, retient sa respiration, ses muscles tendus. L'adrénaline coule dans ses veines. Il laisse glisser sont regard à l'interieur. Momentanément aveuglé par la lumière projetée par une flamme de bougie, après tant de temps passé dans l'obscurité, pui son regard s'accoutume et apparait enfin sous ses yeux celui qu'il cherche.
La respiration bruyante, rapide, c'est un homme bedonnat approchant la cinquantaine, assis devant un bureau en If doré, secoué de tics et de tremblements tandis que sa main parcourt à toute vitesse un parchemin vert, couleur de la royauté, des mots naissant sous sa plume qui, de temps en temps, déchire le papier. Son crane dégarni luit de sueur, pas d'effort mais de peur; celle d'être retrouvé à tout moment par l'Ordre, l'Ordre qui l'a poussé à fuir, l'Ordre et ses menaces qu'il à pourtant négligées.
Sans un bruit, il entre dans la pièce et se rapproche à pas de loup du dos penché de celui qu'il doit tuer, qui continue à écrire sans se rendre compte que l'ombre menaçante de la mort plane au dessus de son crane dégarni.
Il ne lui reste qu'à le tuer, et tout est fini. Trop simple, et, décidément, pas assez amusant. Jouissant d'un plaisir pervers, il se racle alors la gorge, dévoilant sa présence. L'autre s'immobilise. Glacé par la peur. Il se retourne lentement, laisse tomber la plume d'oie avec laquelle il écrivait en reconnaissant son assassin.
- Emrys...
Il lui sourit, une sourire carnassier, un sourire de rapace devant sa proie, un sourire glacial et victorieux.
Le temps d'un battement de coeur, il dégaine une aiguille longue et fine, presque invisible mais qui scintille et capture les éclats de lumière de la bougie dont la flamme vacille, la rapproche d'un oeuil qui le fixe, terrorisé, et perce un minuscule trou dans le conduit lacrymal, l'insere, passe à travers le nerf oculaire puis perfore le cerveau, la ressort, si vite que l'autre ne l'a pas vu bouger.
Une deuxième battement de coeur plus tard, et il est mort.
Il sort d'une poche un mouchoir plus blanc que la neige et essuie la lame rougie, avant de les faire disparaitre. Il se penche sur le bureau et parcourt du regard le parchemin, et son sourire s'étire plus encore tandis qu'il lit les phrases qui s'alignent devant lui. Quelques secondes plus tard, il s'empare de la missive, jette un dernier regard vers l'homme, suit des yeux la larme écarlate qui perle au coin de son oeuil et roule le long de sa joue, puis, soudainement, il n'est plus la.
La bougie achève de se consumer lentement.
Au loin, le tonnerre gronde.

samedi 19 avril 2008


Dans la plus sombre obscurité, je souffre.
Des larmes glacées perlent aux coins de mes yeux et laisse un sillage froid sur mes joues pales.
Recrovillée sur moi même, je ne crois plus en rien.
La lumière que je croyais éternelle décroit lentement, et, ce soir, je ne la vois presque plus.

Ma réalité s'effrite et ne reste que le désespoir.

Je voudrais tant m'échapper, par tous les moyens.

Piqure. Lame.

Je n'ose pas.

Trop peur, peur de la mort, de ce qu'il y a après, de la douleur des proches.
Pourtant, ce soir, je regarde les étoiles, et je l'attend, patiament.
La Mort.

Ma peau est froide. Mon regard vide.
J'en ai marre.

Et puis, soudain, une étincelle.

Un éclat infime qui m'éblouit tellement il se consume d'espoir et de confiance.

Un bruit de pas.
J
e relève la tête.

Qui es-Tu?

Tu t'approches de moi, et je me rends compte que c'est Toi qui irradie de lumière, c'est Toi qui illumine ma nuit.

Cette aura éclaire Tes traits doux, Ton visage souriant.

Je ne Te connais pas, pourant, j'ai confiance.
Tu T'agennouilles à mes côtés.
Sans m'en rendre compte, je suis dans Tes bras.

Tu me serre fort, Tes paroles apaisent mes moeurs douloureux.

Je me sens bien.

Nous restons ainsi longtemps, je ne veux plus que Tu partes, je me raccroche à Toi, Tu es ma bouée qui m'empèche de sombrer dans la tempête des vagues.

Tu relève mon visage du doigt, Tu me souris, Tu pose tes lèvres sur les miennes et je savoure cet instant comme si c'était le seul.

Tu mets fin à notre baiser, je ne tremble plus, je ne pleure presque plus.
Ta voix me murmure
Le bonheur sait se montrer quand on le cherche

Je Te promets de le chercher par monts et vaux.

Je crois en ce que Tu me dis.

Je crois en Toi.
Tu hoches la tête, satisfait.
Lentement, Tu Te dissipe.
Je crie.
J'ai peur de retomber dans les ténèbres.
Je suis la

Tes mots m'apaisent. Je sourie à travers mes larmes.
Oui, tu es là.
Je vois la lueur qui brille, en moi, autour de moi.
Je crois en Toi, en Vous, en ce que Tu me dis, en ce que Vous me dites.
Je crois en Lui, Lui qui est Vous.

Son nom?

L'Amitié
Tout ira mieux à présent

*bisoux étoilés*