
Je marche. Je tombe. Je me relève. Je retombe. Je me plaint. Encore. Je pleurs. Plus. J'écris. Beaucoup. Je dessine. Peu. Je rêve. J'ai du mal.
La route s'étend devant moi. Je n'ai pas envie de la suivre. Envie de partir. Loin. De faire comme j'en ai envie pour une fois. On me rappelle à l'ordre. Comme une idiote, je suis le troupeau. Et si je n'ai pas envie de suivre le sens du courant?
Tout est prévu, tout est tracé. Mon avis n'y changera rien.
Je lis. Encore, encore. J'écoute. Je ne fais que ça.
Je ne suis qu’un soupir, juste une larme qui roule, une simple respiration, rien de plus, je ne demande pas grand-chose, juste tes mots, rien que tes mots, être bercée par tes mots, alors, plus rien ne compte. Parle, encore, s’il te plait ne t’arrête pas, je veux juste entendre le son de ta voix, oublie-moi, je ne suis pas là, il y a juste une ombre dans le coin, là, pas grand-chose, mais surtout ne t’arrête pas, j’aime tes mots, je m’y accorche, c’est tout ce que je souhaite garder avec moi, alors, je partirais et le soleil chassera l’ombre, tu vois, tu t’arrêteras de parler malgré mes supplications, tu ne me verras plus, et puis, comme tous les autres, tu m’oublieras, bientôt, je n’existerais plus, bientôt, le fil se rompra et je tombrais dans l’obscurité sans fin, et alors, si la mort est une délivrance, je m’approcherais d’elle à bras ouverts, même si j’ai peur d’elle, et si un suicide c’est lache alors, je te demandrais de me tuer, m’obéiras-tu ou me laisseras-tu seule, comme une poupée de verre brisée sur l’asphalte dur et froid ? Je ne sais pas, je ne suis pas toi, je ne serais jamais toi, puisque je ne suis personne, pas même moi.
Pourquoi j’écris, je ne sais pas, on me crie dessus, je passe trop de temps, ici, c’est vrai, je dois partir, repartir dans Leur vie, suivre Leur route, sans creux, sans bosse, sans trou, sous le ciel dur et froid et jaune. Je soupire, encore cinq minutes, encore quelques mots…le fil s’effiloche, doucement, mais surement, il va se casser, j’ai peur, dis moi, pourquoi j’ai si peur, pourquoi fait-il si froid. Dehors, il fait gris. Dans mon cœur, il fait gris. Je suis grise. Pale. Vide. Je dois contaminer le temps. S’il te plait. Parle-moi. Dis-moi qu’il fera beau, bientôt…
En un peu moins exagéré. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque mes mots prennent une proportion démesurée.
Je vous aime. Bisoux n'étoilés. De ma part. Et de celle de Mat, d'Emrys, May..ils vous remercient tous. C'est grace à vous qu'ils sont là, vous le saviez? J'écris, pour vous, plus pour moi, pas pour moi, juste pour vous...

