mercredi 25 juin 2008

[14] Nuit


Petit texte, écrit pour quelqu'un qui m'a un jour dit que "La nuit, je m'emmerde, il n'y a rien à faire à part dormir"...de cette simple phrase est né le reste...Enjoy.

Le jour s’achève et s’effiloche sur la nuit qui lentement prend le pouvoir, l’encre se déverse sur le gris et le bleu en passant par le rouge et le violet et le jaune et le orange, la lune, de sa face pleine et ronde, illumine faiblement le royaume qui s’offre sous ses pieds, et une à une les étoiles aparaissent, comme de minuscules pierre précieuses, qui, scintillantes et entrainantes, défient l’être humain de le rejoindre, le narguent, exhibiant fièrement leur liberté comme un trophée, et l’être humain ne peut rien faire, sinon comptempler et admirer la beauté de cette magie inaccessible.

La nuit est un rouleau de satin ébène que l’on déroule et que certains enfants, ont, par bétise, troué, laissant ainsi passer cette lumière que certains ne savent voir, laissant derrière nous, entre nos lèvres, un gout de promesse d’aventures et d’émerveillement, car, tu as beau dire, la nuit et belle, tellement plus que le jour, tellement plus riche et tellement plus incroyable, si merveilleuse que l’on ne peut en accomplir les neufs quarts, mais pour ça, il faut sortir de l’enfermement si gentiment offert par les adultes, il faut s’ouvrir aux rêves et il faut rêver à en crever.

Parfois, c’est en marchant sur la plage avec le bruit des vagues en font sonore, il n’y a plus d’ombre, juste la nuit, douce et entrainante, enivrante, parfois, c’est en se promenant entre les arbres, avec les rayons de lune argentés sur la peau, elles t’offrent un fragment de cette liberté, un échantillon de ce parfum qui un jour t’accompagnera pour l’éternité, tu lèves le doigt et tu as l’impression de les frôler du bout du doigt, ces fameuses étoiles, si belles et si précieuses et si distantes tout à la fois.

La nuit, c’est un nouveau monde qui s’ouvre, en t’asseyant sur le toit et en essayant de graver sur du papier un semblant de ce que c’est, n’as-tu donc jamais passé une nuit allongé sur la terasse à regarder les étoiles filantes ? La nuit, le vent est plus doux, la nuit, les fées et les el’phes plus amènes à se montrer, la nuit, c’est synonyme de rêves et de magie et de promesses sans lendemain, regarde, la nuit, il y a des feux d’artifice, et un feu d’artifice ce n’est pas un feu d’artifice mais de la poussière d’étoiles, la nuit, les bruits que tu entends ce n’est pas le vent mais le murmure des voix anciennes qui racontent de ces histoires passées et oubliées, ces histoires de grandes batailles, de monstres et d’amour tragique, la nuit, c’est une délivrance de temps et ça permet de se plonger dans le passer, si mystique et merveilleux, ça permet d’imaginer le futur, c’est une brèche qui aide à mieux faire couler les mots comme rien d’autre ne peux le faire, pas même la colère, pas même la drogue ou l’alcool ou l’amour, essaye de comprendre, même la musique semble plus belle dans cette obscurité paisible et calme et triste et heureuse, avec le crissement de crillons et le croassement des grenouilles et le bruit des vagues, il y a tant à faire, fermer les yeux un instant, inspirer à pleins poumons, dessiner le noir, lire le noir, rêver, chanter, danser le noir, aimer le noir de toutes ses forces, surtout ne pas dormir, vivre le noir à deux, subir le noir pour ne plus en avoir peur, et accompagner le noir jusqu’à sa disparition, quand il s’effiloche sur le jour et sur l’aurore qui débarque avec ses millions de couleurs, la magie doucement disparaît, et alors, tu pourras aller te coucher, dormir tout ce que tu peux, mais tu ne dormiras pas de la même manière, parce que tu feras partie de la nuit et que la nuit fera partie de toi, regarde en toi et tu la verras, et tu ne diras plus qu’il n’y a rien à faire dans cette divine obscurité, parce qu’au contraire, il y a tout, tellement de tout qu’on en oublie les neuf quarts.



Je n'en pouvait plus de tout ce noir.

dimanche 15 juin 2008

[13] Vide.

Commencer un article par bonjour commence par me casser les pieds, à l'heure où vous lirez ceci, il sera peut être minuit, ou alors huit heures du soir, peu de chances pour que ce soit le matin, mais bon, soyons polies et saluons, je divague, je m'écarte du chemin et je commence à raconter n'importe quoi, pour une fois que je repasse par ici, c'est idiot, à force de ne plus parler de moi ici pour ne pas vous inquiéter, j'inquiète d'autre personnes ailleurs, je suis con et je devrais me taire, mais voilà, je n'y arrive pas et je ne le ferais pas parce que j'ai trop de choses à dire et à vomir, tous ces mots, je ne vais pas mal, il n'y a aucune raison, mais je ne vais pas bien non plus parce que rien ne va bien et que tout ira mal, je n'arrive pas à déterminer si je suis heureuse ou malheureuse, au final, ce n'est pas question de bonheur ou de malheur, de bien ou de mal, c'est une question de vide incessant qui prive de tout sentiments, mais c'est bien, si je ne ressents plus rien je ne ressentirais plus la douleur, alors, je ne m'en fais pas, et je laisse le trou qui est en moi s'agrandir et me dévorer de l'interieur, aujourd'hui, je te souris, et demain, je te hairais de toutes mes forces, je passe du rire au larme comme on change de paire de chaussettes, et encore, ça voudrait dire que je change de chaussettes quinze fois par jour, j'écris de moins en moins et je dessine trop peu, en ce moment, c'est les yeux, car ne dit-on pas que les yeux son le miroir de l'ame? Cherchez la logique dans ce que je viens de dire, je ne me comprends pas moi-même, je joue de la guitare, des chansons d'amour, ironique, je continue à me faire du mal en lisant ce que je ne devrais pas lire, je vais sur les forums et je fais mes devoirs, et je m'achête une nouvelle chemise et je ris de ma superficialité, j'écris l'amour parce que je suis en manque d'amour, j'attends comme une conne le prince charmant qui ne viendra jamais, je sais, je n'ai que treize ans, mais je ne suis pas patiente, alors, j'imagine et je pars le sourire aux lèvres, je m'endors un instant contre un épaule et puis il faut redescendre sur terre, et ce soir c'est ma pièce de théatre, où, ironie du sort, je joue l'amour, et je ne sais pas à quoi m'attendre et j'ai trop mal à la gorge et j'ai peur de ne pas arriver à parler, et j'ai envie d'un cappucino parce que c'est trop bon, et je vais bien, je vais bien, je vais bien, tout va bien, sinon que le ciel, une fois encore, est gris, j'ai les yeux qui me piquent et j'écris des lettres, vois-tu, je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qu'il m'arrive, me croiras-tu si je te dis que mes amis voient que je ne vais pas bien, et que mes parents ne se rendent compte de rien? Je t'aime et j'ai envie de te prendre dans mes bras, mon Ange, j'ai envie de t'écrire et de te voir, ma Poète, et J'ai envie de voir Louise parce que tu sais faire rire avec une facilité étonnante et que je suis sincèrement désolée pour ce qui est de ton redoublement, il faut d'ailleurs que j'aille faire un tour sur ton blog histoire de laisser un commentaire, la vie est un poème dont il faut écrire soit-même les vers, c'est bien beau tout ça, sauf que moi, je ne suis pas poète, je suis tout simplement paumée et heureuse de l'être, sortie des barrières un court instant en me baladant dans la nuit qui tombe, puis je me fais disputer et je pleurs, puis je l'appelle et je rigole et je crois que je suis simplement humaine, et même si ça fait mal d'être humain et de vivre en tant que tel, et bien, vivons quand même, ce serait bête de mourir alors qu'il y a des étoiles à toucher et le monde à visiter et des vies à connaitre, et même si pour l'instant je vais mal, tout à l'heure je serais heureuse puis à nouveau triste et c'est ce même cycle que je ne fais rien pour changer parce que ça me va comme ça, même si je recherche et désire encore plus, toujours plus, je suis avide, et puis pouf je retombe et je me contente de ce que j'ai, et puis ça repart et je suis un bazar pas possible, tout en moi se mélange et je ne m'y retrouve plus, merde alors, c'est pas possible d'avoir des pensées bien rangées dans leurs tiroirs ou quoi? Je deviens folle et je ne sais pas si cela me plait ou pas. En même temps, trop de douleur mêne à la folie, c'est bien connu. Donc je ne m'inquiète pas, vu que la douleur va voir ailleurs de temps en temps, on peut supposer que la folie aussi, la prochaine fois, j'essayerais de revenir lucide.

*Dis, j'ai froid. Même avec un pull, j'ai froid. C'est possible d'avoir froid au coeur?*

Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien Je vais bien, regarde, je souris.

dimanche 8 juin 2008

[11] Luna

...Petite esquisse faite à onze heures du soir...
Comme quoi je n'ai pas grand chose à faire dans ma vie
Mais. Bon. Je. Dessine. C'est. Ce. Qui. Compte.

[J'essaye de me convaincre en même temps en parlant lentement, ne m'en voulez pas...] Et, comme j'aime bien donner une histoire à mes dessins, ben, en plus d'un dessin tout bizarre, vous vous tapez l'explication en prime, aujourd'hui c'est deux pour le prix d'un. Mais vous n'êtes pas obligées de lire, hein, sachant que ça risque d'être long, ennuyeux, et sans interêt.

~ # ~
Je me glisse dans les couloirs sombres, en essayant de faire le moins de bruit possible, me concentrant de toutes mes forces pour ne pas me perdre dans ce labyrinthe digne de Dedale, plissant les yeux en essayant de me remémorer de ce que m’a dit Sion. Tous se ressemblent, sombres, lisses, froids, comme des serpents.

Le temps passe et je n’y suis toujours pas, plus de dix minutes que je suis entré ici, si je ne me dépèche pas, ils auront vite fait de detecter ma présence, et j’ai une chance minime de m’échapper, mais, sans la petite, ce n’est pas la peine. Je commence à m’inquieter. Une goutte de sueur se forme sur ma tempe et roule le long de ma machoire. Normalement, je devrais déjà être en train de m’occuper d’elle. Mes pas se font plus rapides, plus pressants. Me suis-je trompé de chemin ?
Enfin, une porte. Pas n’importe laquelle, évidamment. Celle que je cherche. Reconnaissable entre tous, entièrement noire. Je m’autorise un soupir de soulagement, mais ce n’est pas pour autant que je me détends, au contraire. Le plus dur est devant moi, pas derrière.
Je m’approche de la vitre sans tain qui est à sa droite et jette un coup d’oeil à l’interieur, le cœur battant à un rythme frénétique, celui de l’angoisse de la découverte. Nous sommes-nous trompés ? Ou est-elle là, prisonnière, comme nous l’a dit Amarylis ?
Mon regard se plonge dans une pièce exigue, plongée dans le pénombre, semblant de nuit auquel je m’accoutume rapidement.
Dans un coin, je l’aperçois enfin.
Recroquevillée sur elle-même, son corps est recouvert de ses ailes, si semblables à des flammes, qui s’agitent doucement, dans un mouvement de satin, partant du rouge sang à l’or le plus pur, un coucher de soleil dont la beauté est incomparable. Son visage, à moitié caché par ces ailes qui font d’elle un hybride, est pâle comme la mort, un teint de porcelaine qui semble briller dans l’obscurité, recouvert des longues mèches noires emmèlées qui retombe en fouillis sur ces yeux d’un bleu sans pareil, couleur de ciel délavé, mais aucune pupille ne vient obscurcir cette couleur fantomatique, et je me rends compte dans un sursaut qu’elle est aveugle.
Tout en elle irradie d’une faible lueur bleutée, de la même couleur que ses yeux, qui semble essayer de combatter l’obscurité qui l’entoure, avant de disparaître dans un faible crépitement, à peine quelques centimètres plus loin. Elle est si faible…
Dans l’ombre, des tentacules ébènes qui se détachent nettement de tout le reste, ondulent autour d’elle, comme des vautours autour d’une proie dont ils attendent la mort pour pouvoir la dévorer, la frôlent de temps en temps, et à chaque fois, de ses lèvres s’echappe une petit cri muet que je ne peux entendre.
Elles lui brûlent son énergie.
Je serre les poings.
Pauvre petite enfant oiseau.
Je n’ai fait que penser ces mots, pourtant, elle relève brusquement la tête et me fixe de ses grand yeux, agrandis par la peur. Ses tremblement augmentent. Je fronce les sourcils. Elle ne devrait pas me voir…
Soudain, un froid glacial s’abat autour de moi, et je comprends.
Ce n’est pas moi qu’elle a vu. Mais une autre présence, maléfique, qu’elle a sentie.
Sa présence.
Il arrive.