dimanche 8 juin 2008

[11] Luna

...Petite esquisse faite à onze heures du soir...
Comme quoi je n'ai pas grand chose à faire dans ma vie
Mais. Bon. Je. Dessine. C'est. Ce. Qui. Compte.

[J'essaye de me convaincre en même temps en parlant lentement, ne m'en voulez pas...] Et, comme j'aime bien donner une histoire à mes dessins, ben, en plus d'un dessin tout bizarre, vous vous tapez l'explication en prime, aujourd'hui c'est deux pour le prix d'un. Mais vous n'êtes pas obligées de lire, hein, sachant que ça risque d'être long, ennuyeux, et sans interêt.

~ # ~
Je me glisse dans les couloirs sombres, en essayant de faire le moins de bruit possible, me concentrant de toutes mes forces pour ne pas me perdre dans ce labyrinthe digne de Dedale, plissant les yeux en essayant de me remémorer de ce que m’a dit Sion. Tous se ressemblent, sombres, lisses, froids, comme des serpents.

Le temps passe et je n’y suis toujours pas, plus de dix minutes que je suis entré ici, si je ne me dépèche pas, ils auront vite fait de detecter ma présence, et j’ai une chance minime de m’échapper, mais, sans la petite, ce n’est pas la peine. Je commence à m’inquieter. Une goutte de sueur se forme sur ma tempe et roule le long de ma machoire. Normalement, je devrais déjà être en train de m’occuper d’elle. Mes pas se font plus rapides, plus pressants. Me suis-je trompé de chemin ?
Enfin, une porte. Pas n’importe laquelle, évidamment. Celle que je cherche. Reconnaissable entre tous, entièrement noire. Je m’autorise un soupir de soulagement, mais ce n’est pas pour autant que je me détends, au contraire. Le plus dur est devant moi, pas derrière.
Je m’approche de la vitre sans tain qui est à sa droite et jette un coup d’oeil à l’interieur, le cœur battant à un rythme frénétique, celui de l’angoisse de la découverte. Nous sommes-nous trompés ? Ou est-elle là, prisonnière, comme nous l’a dit Amarylis ?
Mon regard se plonge dans une pièce exigue, plongée dans le pénombre, semblant de nuit auquel je m’accoutume rapidement.
Dans un coin, je l’aperçois enfin.
Recroquevillée sur elle-même, son corps est recouvert de ses ailes, si semblables à des flammes, qui s’agitent doucement, dans un mouvement de satin, partant du rouge sang à l’or le plus pur, un coucher de soleil dont la beauté est incomparable. Son visage, à moitié caché par ces ailes qui font d’elle un hybride, est pâle comme la mort, un teint de porcelaine qui semble briller dans l’obscurité, recouvert des longues mèches noires emmèlées qui retombe en fouillis sur ces yeux d’un bleu sans pareil, couleur de ciel délavé, mais aucune pupille ne vient obscurcir cette couleur fantomatique, et je me rends compte dans un sursaut qu’elle est aveugle.
Tout en elle irradie d’une faible lueur bleutée, de la même couleur que ses yeux, qui semble essayer de combatter l’obscurité qui l’entoure, avant de disparaître dans un faible crépitement, à peine quelques centimètres plus loin. Elle est si faible…
Dans l’ombre, des tentacules ébènes qui se détachent nettement de tout le reste, ondulent autour d’elle, comme des vautours autour d’une proie dont ils attendent la mort pour pouvoir la dévorer, la frôlent de temps en temps, et à chaque fois, de ses lèvres s’echappe une petit cri muet que je ne peux entendre.
Elles lui brûlent son énergie.
Je serre les poings.
Pauvre petite enfant oiseau.
Je n’ai fait que penser ces mots, pourtant, elle relève brusquement la tête et me fixe de ses grand yeux, agrandis par la peur. Ses tremblement augmentent. Je fronce les sourcils. Elle ne devrait pas me voir…
Soudain, un froid glacial s’abat autour de moi, et je comprends.
Ce n’est pas moi qu’elle a vu. Mais une autre présence, maléfique, qu’elle a sentie.
Sa présence.
Il arrive.


2 commentaires:

Elsterianne a dit…

C'est si beau... mon étoile, tu n'as jamais besoin de me remercier.
Le peu que je fait, tu me le rends, car tu écris. Ton écriture fait bondir mon coeur,mes sentiments m'échappent, ma gorge se serre, les larmes tentent de venir, je me demande un instant si je ne vais pas m'effondrer de ...
de quoi au juste? de bonheur, de peur, d'exaltation...C'est merveilleux... j'ai peur de ne jamais atteindre ton niveau.
Tu pourrai écrire un livre, tu as un style d'écriture meilleur que Sophie! Mais chut!
Mais en fait, Tara, c'est intéressant, passionnant quand on y est, drôle...mais toi, tes textes sont bouleversants.
J'attend chacun de tes textes avec ferveur, je suis si heureuse de gouter chaque page...Merci.merci.
Les larmes viennent de m'emporter.
Les larmes et ce début de torpeur.

Bisous
Marianne

Anonyme a dit…

Salut !!!!
Pardon de ne pas être venu au post précédent. Pardon pardon !!!!!!!!!!
En tout cas merci à toi d'être venue sur mon blog !
Ton dessin est magnifique et l'histoire qui va avec est sublime aussi. Ca illustre très bien et c'est super bien écrit !
Bravo!
Bon je vais te laisser A+

Princesse Sushi
(Louise)

Biz